Ca vous est jamais arrivé que les paroles d'une chanson éveillent en vous un tel écho que vous ne pouvez pas vous en détacher? Ben moi ça m'arrive très souvent, à croire que ma vie a été écrite pour une comédie musicale.

La dernière en date c'est "chanson pour l'ami" de Nicolas Bacchus. (d'ailleurs j'ai déjà mis ce morceau en écoute dans les ptites musiques de Nova).

Bref pour essayer de comprendre pourquoi ces paroles  me touchent un peu plus, toi ami non inverti, il faut que tu saches que quand on est momo certains mots, certains concepts, n'ont pas forcément le même sens que pour le commun.

Il n y a pas longtemps certains de mes amis (hétéros) trouvaient con et très sectaires les films estampillés "gay" (mais si tu sais le rayon où tu n'oses pas t'arréter à la fnac parce que tu as peur qu'on croit que tu en es...lol). Ben ça par exemple c'est une vue très hétérocentrée ; il faut s'imaginer un monde où tout le monde est bleu à pois roses (même dans les films, les livres, et même les chansons parlent de gens bleus à pois roses) alors que toi tu es rose à pois bleus; de temps en temps ça fait du bien de se sentir comme les autres même si c'est dans un film (à l'intérêt variable).

Bref tout ça pour dire que le mot "ami" en parlant de la personne avec qui je suis, ça me hérisse ! dire "mon ami" en parlant de mon lardon je ne peux pas. Alors quoi alors? mon amour ?(trop intime) mon amant? (trop conoté sexe) mon compagnon? (trop vieille france) mon copain ?(années collège) mon mari ?(trop officiel et un peu grotesque). Pas envie de mettre un nom sur ce qui ne regarde que nous et que de toute façon beaucoup ne conçoivent pas, ou mal.

Bref comme le dit Nicolas Bacchus:

Appelle-moi ton amour, appelle-moi ton ami
Qu'importe, si ton oeil s'allume à mes retours
Que je sois ton ami, que je sois ton amour
Que faire de tant de mots quand on a tant d'envies

Tant de gestes muets au fil de nos désirs
N'aies crainte d'en changer, le corps a ses usages
Mon amour, mon ami, viens ou fais tes bagages
Rester ne vaut que si l'on sait qu'on peut partir
Rester ne vaut que si l'on sait qu'on peut partir.

Fais de moi ton ami, fais de moi ton amour
Mais n'abandonnons pas nos rêves de Barcelone
Nos abus, nos ébats, aux décors de Garonne
Nos réveils étonnés dans les trop petits jours

Si ma peau se ranime à ta peau d'aube nue
Remettons à plus tard les vocables en listes
II sera plus que temps dans des chansons plus tristes
De nommer en pleurant ce qu'on aura perdu
Si ma peau se ranime à ta peau d'aube nue.

Ton amour, ton ami, ton égal ou ton chien
Nos ventres diront tout, sans y voir de promesse
Libres sont nos regards, et sans fard nos caresses
Et notre histoire les suit. Jusqu'où ? Je n'en sais rien...

Aucun mot ne mettra nos longues nuits en laisse.
Le complice qui voit, qui écoute et comprend
Préfère l'incertain d'un sourire en suspens
Pour se rêver l'ami quand ton amour le laisse ?
Aucun mot ne mettra nos longues nuits en laisse.

Ne sois pas mon amour, ne sois pas mon ami
Ecrivons sans le lire notre vivant poème
Soyons doux, soyons pires, ou rien, soyons nous-mêmes
Et faisons chaque jour ce qu'on n'a jamais dit

Je serai ton ami, je serai ton amour
Ou les deux à la fois, chacun plus qu'à mon tour
Et s'il faut faire un choix, si je n'ai qu'un recours
Je veux rester l'ami à qui tu fais l'amour
Je veux rester l'ami à qui tu fais l'amour.